Cette
charte concerne toutes les régions et toutes
les formes de culture.
OBJECTIF :
- de fédérer créateurs et diffuseurs
- d’associer le public à des pratiques,
des réflexions et des propositions
- de favoriser la création et la diffusion
du spectacle vivant auprès du public, quelque
soit sa situation géographique et sociale
- d’interpeller les pouvoirs publics quant aux
pratiques artistiques et culturelles dans toute leur
diversité.
- L’écriture de cette Charte est organisée
en 3 parties :
I/ Les Principes fondateurs
II/ Les Constats concernant les pratiques en cours
III/ Des Propositions concrètes pour rapprocher
les pratiques des principes. Les principes fondamentaux
de la charte
En référence à la Constitution
Française (ratification de la Déclarations
Universelle des Droits de l’Homme de 1948),
l’accès à la culture et la liberté
d’expression doivent être garantis à
chaque citoyen.
Le rôle principal de la culture n’est
pas de générer du profit, mais de créer
du lien social et de participer à remettre
l’humain au coeur du développement. Il
est en outre d’aiguiser le sens critique de
chacun et de favoriser l’émancipation
du plus grand nombre. L’accès à
la culture pour tous , véritable exigence démocratique,
doit être garanti par un maillage sur l’ensemble
du territoire (petites communes, quartiers, nombreux
lieux non officiellement dédiés à
la culture...) avec une répartition équitable
et transparente de l’argent public. La culture
est mission de service public (au même titre
que l’éducation ou la formation); à
celui-ci d’en assurer en grande partie le financement.
L’indépendance - quand aux choix artistiques
- des structures de création et de diffusion,
par rapport aux organismes de financement, est une
garantie de culture libre, ouverte et diversifiée.
La culture est un facteur de développement
local au côté du social et de l’économique.
Dans un souci d’indépendance, elle ne
doit pas être asservie à des fins d’opportunisme
politique ou marchand.
L’action culturelle ne se limite pas à
son expression sur scène mais comprend les
phases de préparation et de suivi (artistiques,
techniques, administratifs), qui doivent être
reconnues et donc, dans le cas d’activités
professionnelles, normalement rémunérées.
La culture suppose une double démarche : du
public vers les créateurs et des créateurs
vers le public.
LES CONSTATS:
En préambule, les auteurs de la charte rappellent
que nous vivons dans un pays où de réels
moyens pourraient être mis à la disposition
de tous ceux qui oeuvrent en faveur d’une politique
culturelle réellement démocratique.
Les aspects positifs
- Les manifestations culturelles génèrent
du lien social durable quelque soit le territoire
(découverte et reconnaissance mutuelle des
participants : artistes, organisateurs, spectateurs).
- Elles génèrent aussi des retombées
économiques (consommation dans les commerces
locaux, emplois liés à la manifestation
...)
- Le tissu associatif de création et de diffusion
est dense, parfois novateur, souvent à l’origine
de pratiques originales riches.
- Il existe un public permanent de tout âge,
en demande croissante d’activités culturelles.
- Il existe aussi un bénévolat, qui
rend certaines manifestations possibles.
Les potentialités
:
- Les Pouvoirs Publics (Communes, Communautés
de Communes, Départements, Régions,
Etat) ont la possibilité de pratiquer une politique
culturelle constructive (aide à la création,
à la diffusion, à la communication,
à l’information, au fonctionnement...)
- Les Communautés de Communes peuvent aider
les projets culturels dans le cadre des «contrats
de terroirs».
- La plupart des Communes sont équipées
d’un lieu ou d’une salle polyvalente.
- Une part d’autofinancement est assurée
par les créateurs, les diffuseurs et le public.
Les carences :
- Dans le budget culturel du service public, le financement
est trop souvent attribué à des opérations
de prestige.
- Le secteur institutionnel et les politiques ne reconnaissent
que trop peu le tissu associatif (même quand
celui-ci est actif depuis longtemps), d’où
: une forte iniquité dans la répartition
de l’argent public . la difficulté des
structures débutantes (non repérées
par les institutions) pour développer leur
activité culturelle . La difficulté
du milieu amateur et professionnel à obtenir
des moyens satisfaisants pour mener à bien
l’ensemble du processus de création et
de diffusion . Le manque de financements pour créer
des emplois salariés dans les associations
de création et de diffusion pour un développement
culturel durable . La difficulté d’accès
aux lieux institutionnels par les créateurs,
les associations locales et le public . La non représentativité
de la diversité du champ culturel dans les
comités d’experts et autres instances
de conseil. Il n’existe aucune concertation
dans le secteur culturel ni même la volonté
politique d’en ouvrir malgré de nombreuses
rencontres. Les clivages culturels existent toujours
en fonction des origines sociales et peuvent générer
des conflits dans la pratique. Trop souvent, les lieux
sont inadaptés (espaces scéniques, conditions
sonores, équipement, matériel) et peu
disponibles, dans le calendrier à l’activité
culturelle.
Le manque de lieux de création, fabrication,
répétition ... est flagrant. Les dossiers
sont lourds à gérer, surtout dans le
cadre du bénévolat, démarches
complexes et multiples, temps de réponse trop
longs ...
Les retombées, de tout ordre, liées
aux manifestations culturelles ne sont pas mesurées
avec suffisamment de précision.
LES PROPOSITIONS:
D’un point de vue matériel :
- une plus juste répartition de l’argent
public : répartition qui aujourd’hui
favorise à nos yeux beaucoup trop de secteur
institutionnel et les opérations de prestige
au détriment du secteur associatif et/ou indépendant,
de proximité (équipes de création
et associations culturelles de
terrain)
- un développement des aides à la création
et au fonctionnement
- un renforcement des aides à la diffusion.
Nous proposons qu’elles soient attribuées
directement aux structures de diffusion pour un nombre
défini de spectacles librement choisis dans
l’année
- la mise en place de lieux de création, de
fabrication et de répétition (parfois
ouverts au public)
- la possibilité d’aide financière
du service public aux stages et aux ateliers
- la création de nouvelles formes de soutien
à la réalisation de manifestations culturelles
(Fond d’Intervention Technique, aide à
la communication ...)
- l’adhésion au projet de l’Annuaire
des Ressources Culturelles (Répertoire et Guide
pratique), en cours en Ariège et à étendre
à la Région
- la création d’emplois permanents au
sein des structures de diffusion et de création
- Dans la dynamique humaine
-l’ouverture de concertations permanentes représentatives
de la diversité du champ culturel à
tous les échelons de la vie politique régionale,
ainsi qu’un état des lieux de la répartition
budgétaire (transparence des différentes
affectations)
- une clarification des vocations, compétences
et fonctions de chaque collectivité, de leur
complémentarité sur la Région
; ceci afin de mieux redéfinir les politiques
culturelles dans le cadre d’un aménagement
harmonieux du territoire et de la décentralisation
culturelle.
- une meilleure identification des interlocuteurs
compétents dans les institutions concernées
par le développement culturel.
- la présence de représentants d’associations
culturelles dans les « comités d’experts
» et autres commissions consultatives, quand
il y en a.
- une redéfinition des critères à
retenir sur la manière de juger l’activité
d’un créateur, d’une compagnie
ou d’une structure culturelle
- le soutien, pour les structures qui le souhaitent,
aux résidences d’artistes de leur choix,
qui s’appuient sur des véritables liens
d’échange entre créateurs, structures
de diffusions et/ou associations locales
- la création d’un statut juridique adapté
pour les structures liées au développement
culturel (fiscalité adaptée ...) qui
reconnaît l’utilité sociale et
l’intérêt général
de leur activité
- l’ouverture des Scènes Nationales,
des théâtres publics aux créateurs
et aux associations locales de leur territoire d’implantation,
afin qu’ils ne soient plus élitistes
et deviennent aussi de véritables espaces d’expression
pour les acteurs de terrain
- le développement d’une « politique
de première partie » pour les créateurs
débutants ou amateurs
- concernant les régions touristiques, une
meilleure répartition dans l’année
des manifestations culturelles pour que cesse le «désert
culturel hivernal»
CONCLUSION:
Des états généreux de la culture
sur le terrain (organisation de débats publics,
ateliers de travail sur des thèmes spécifiques,
rencontres ...), la mise en réseau d’initiatives
locales (ateliers, stages, diffusion, créations,
résidences, ...). Ce maillage du territoire
mettrait en pratique les éléments de
développement culturel validés par la
charte.
Si vous désirez rejoindre et pérenniser
cette dynamique, merci de nous contacter :
OMUP DE GRAND BOURG
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